Séminaire du 10 mars 2020 au Lycée Aline Mayrish de Luxembourg

Le premier séminaire relatif au projet 2020 de l’ALNU en collaboration avec 5 lycées luxembourgeois s’est tenu au Lycée Aline Mayrisch de Luxembourg. Ce séminaire a été animé par Monsieur Romain Poulles, membre du Conseil supérieur pour un développement durable au Luxembourg et administrateur-délégué de PROgroupe SA sur le site Ecoparc à Windhof.

Les 5 lycées participants, soit l’Athénée de Luxembourg, l’École Privée Fieldgen, le Lycée Aline Mayrisch de Luxembourg, le Lycée Classique de Diekirch et le Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette, étaient tous présents lors de ce premier séminaire.

Mme Carole ChaineLe mot de bienvenu a été prononcé par Mme Carole Chaine, directrice du Lycée Aline Mayrisch de Luxembourg. Lors de son allocution, elle a souligné le rôle fondamental de l’enseignement, qui est de préparer les jeunes à devenir des citoyens solidaires avec un esprit critique.

Concernant le projet 2020, Monsieur Rollinger, président de l’ALNU, a rappelé le message de Monsieur Guterres, secrétaire général des Nations unies, son appel à l’action. Les ODD 12 et 16 ne sont pas seulement des sujets actuels mais des urgences ! Aussi pour l’ALNU, l’horizon 2030 est déjà trop loin, c’est maintenant qu’il faut agir car les effets du changement climatique se font déjà sentir. C’est pour cela que l’ALNU encourage vivement les élèves à poursuivre leur effort dans ce projet 2020 afin, notamment, que chacun puisse se forger sa propre opinion sur les enjeux du développement durable.

La présentation de Monsieur Poulles s’est concentrée dans un premier temps sur la définition des déchets pour ensuite expliquer la différence entre une économie linéaire (avec ou sans recyclage) et une économie circulaire.

L’économie dans laquelle nous vivons est une économie linéaire : on prend, on utilise, on recycle éventuellement, on jette. De plus, dans tous les domaines (mode, technologie, etc.), il y a une obsolescence programmée des produits. Par exemple, les grandes sociétés de téléphones mobiles proposent de nouveaux produits tous les ans. Afin d’étayer ses propos, M. Poulles a donné plusieurs exemples :

  • De l’or est utilisé dans la fabrication des téléphones mobiles. Environ 500 M€ d’or sont transformés en déchets tous les ans lorsque ces téléphones sont jetés.
  • Au niveau mondial, 90% des matières premières extraites deviennent des déchets.
  • 99% des matières premières extraites finissent sous forme de déchets après 42 jours.
  • Au niveau du consommateur final, les produits ne contiennent que 7% de matières premières, le reste ayant déjà été perdu. Aussi, même en recyclant 100% des déchets, l’empreinte carbone globale ne baisserait que de 2% maximum.
  • Même avec un fort taux de recyclage de 75%, après 8 cycles, il ne reste plus que 10% de la matière initiale.

La solution serait de développer une économie circulaire, dans laquelle la notion de déchet disparait. Cela implique de développer de nouveaux modèles économiques. Il faut que les produits / les services soient dès le moment de leur conception intégrés à l’économie circulaire, sans déchet.

  • Par exemple les voitures électriques ne possèdent qu’environ 20 pièces détachées, en comparaison avec presque 2 000 pièces pour les voitures thermiques. Il faut en revanche s’assurer que l’électricité soit bien produite de façon durable.
  • En moyenne, 80% des objets dans une maison sont utilisés moins d’une fois par mois, et 50% qu’une seule fois par an.
  • Une chaise d’école n’est utilisée que 5% « de son temps ».

Afin de maximiser l’utilisation des objets, la notion de propriété est amenée à fortement diminuer, voire à disparaitre. La notion de partage devrait s’étendre et les objets/services seront facturés en fonction de leur usage. Par exemple Michelin a développé un service facturé non plus au nombre de pneus, mais aux kilomètres parcourus. De même, Phillips a lancé un service facturant non plus l’ampoule, mais le nombre de lumen fourni.

Enfin, Monsieur Poulles, concernant l’ODD 16, a insisté sur le fait que, sans transparence, il ne peut y avoir de confiance. La transparence est la clé du changement.

En conclusion de son intervention et afin d’aider les jeunes à agir, Monsieur Poulles a donné quelques idées d’action afin de promouvoir le développement durable :